"Frères québécois, amis canadiens" : ma mauvaise humeur du jour

"Frères québécois, amis canadiens" : ma mauvaise humeur du jour

Les politiciens ont le sens de la formule, c’est bien connu et le monde politique n’en finit plus de nous livrer des slogans qui ont le don de mettre le feu aux poudres.

Et voilà que depuis la visite en France de Michaelle Jean, Gouverneure du Canada, et les confusions qui ont suivi quant à sa légitimité de représenter le 400ième anniversaire de la ville de Québec, on a maintenant le droit à une série d’échanges, par déclarations publiques ou médias interposés, pour savoir s’il existe une différence de traitement entre le Québec et la Canada au sein de la diplomatie française.

Déjà que l’expression « cousins » a apporté beaucoup de confusions dans la relation entre québécois et français, mais que dire de la nouvelle formule choisie par Nicolas Sarkozy dans une déclaration destinée à apaiser les tensions : « moi,  je fais partie de ces Français qui considèrent que le Québec sont des frères et que le Canada sont des amis ».

Si cette formule n’est pas folle en soi, elle ravive encore de vieux débats. Pour ceux comme moi qui sont citoyens français, possèdent aussi la citoyenneté canadienne et vivent au Québec, nous venons de nous trouver de nouveaux frères (qui étaient depuis toujours des cousins) et par dessus le marché, nous nous découvrons de nombreux amis (qui étaient jusque là des concitoyens) !!!

On finit par s’y perdre. Est-ce pour cela que les échanges commerciaux entre la France et le Québec sont si faibles ? Il est difficile de faire des affaires en famille, c’est bien connu.

Alors si on revenait à des considérations plus simples et que l’on s’appuie sur la tradition des bonnes relations franco-québécoises pour favoriser les échanges économiques. Que nous soyons frères, cousins ou amis, ne sommes-nous pas avant tout deux peuples qui se respectent et qui partagent beaucoup de valeurs communes ?  Et après tout la politique est une chose, les affaires en sont une autres alors si on passait à autre chose…