Guy Kawasaki et l’innovation : fuir le spectre des "bozos"

Guy Kawasaki et l’innovation : fuir le spectre des "bozos"

Écouter Guy Kawasaki en conférence parler d’innovation, c’est comme un brassage d’idées et un remue-méninges permanents. En tout cas, il ne laisse pas indifférent et ses idées chocs sont là pour bousculer même les plus confiants d’entre nous.
Lorsque j’ai pensé rédiger ce billet suite à la conférence qu’il a donnée lors de l’évènement Capital Innovation à Montréal, l’idée m’est d’abord venue de parler des 10 grands thèmes favoris de Guy. Mais je me suis finalement ravisé en pensant qu’un seul thème méritait déjà une bonne réflexion. Et celui des « Bozos », sur lesquels il est intarissable, m’a finalement le plus inspiré.

Et pour commencer, qu’est ce qu’un Bozo ?

Un Bozo est selon tout bon dictionnaire quelqu’un de sot, de farfelu ou d’incompétent, quelqu’un qui fait partie de ceux qui disent face à une idée nouvelle ou à un soupçon de créativité que : çà me marchera pas ! on n’a jamais fait comme çà ! C’est trop novateur !…J’en passe et quelques meilleures tant les innovateurs retrouveront aisément des situations vécues dans ce flot d’objections.

Et pourtant, des grandes innovations qui ont marqué notre histoire, presque toutes ont eu leur lot d’opposition, de craintes voire d’oppositions farouches (le train, l’ordinateur, le post-it…).

Alors que dit Guy ? Rien de plus que tout ceci est le fruit d’une logique normale. Que tout le monde n’a pas la même capacité à innover ou à croire dur comme fer en une nouvelle idée. Mais son idée première réside dans le fait qu’il faut passer outre ses bozos et notamment les plus dangereux d’entre eux : ceux qui ont déjà réussi à transformer une innovation en succès. Étonnant me direz-vous ? Pas du tout et Guy Kawasaki affirme qu’un innovateur qui a révolutionné son époque n’arrive quasiment jamais à franchir le gap vers une nouvelle génération d’innovation. Tout simplement parce que sa réussite peut lui faire penser qu’il a toujours raison. On peut illustrer ce point par la déclararion célèbre de Ken Olsen, fondateur de DEC qui fut le père des mini-ordinateurs et qui déclara que « There is no reason why anyone would want a computer in their home. » Et DEC laissa à l’époque, à IBM et à Apple, le champ libre pour s’imposer sur le marché naissant et en pleine croissance des micro-ordinateurs.

Pour terminer, Guy Kawasaki, plein d’honnêteté intellectuelle et de sincérité, soutient sa thérie en s’avouant lui-même Bozo lorsqu’il refusa, dans les années 90, le poste de CEO d’une jeune start-up californienne  car il ne croyait pas dans l’avenir du modèle d’affaire internet de la compagnie, lui qui avait si brillamment lancé le Mac Intosh dans les année 80. Il répondit alors pour décliner l’offre « It’s too far to drive, and I don’t see how it can be a business« . Et Yahoo connut le succès fulgurant que l’on connait aujourd’hui…sans lui.

Pour en savoir plus sur Guy Kawasaki, lire sur son blog How to change the world et pour aller plus loin, son livre mérite une bonne lecture : The art of innovation.