Faut-il faire son Business plan avant ou après le lancement de sa start-up ?

Le business plan et la manière de le présenter et de le rédiger est un thème récurrent qui fait débat depuis longtemps. Nombre d’articles ont été écrits sur le sujet et les modes ou tendances amènent régulièrement les nouveaux entrepreneurs à se questionner sur le contenu, la longueur ou l’ordre dans lequel ils doivent présenter leur projet d’entreprise. J’ai un avis très personnel sur le sujet qui veut que, au delà des modes, le business plan doit avant tout clairement traduire la vision de l’entrepreneur, sa passion et son niveau d’engagement puis sa capacité à transformer cette vision en un modèle d’affaires viable et rentable à court terme.

Mais la nouvelle question qui est aujourd’hui lancée dans le Time (voir Article The New Internet Start-Up Boom: Get Rich Slow) est de savoir si il est préférable de lancer son entreprise en mode « test de marché » puis de lever des fonds sur une première validation du modèle d’affaires plutôt que de courir après les fonds puis de se mettre au travail. L’analyse de Nicolas Gal sur ce thème est à lire (Start-up, les nouvelles règles) et je suis certain que le sujet fera aussi débat. Cependant, les difficultés actuelles rencontrées par les entreprises pour lever des fonds d’amorçage mérite d’ouvrir le débat et d’éviter les jugements à priori. Un lancement en mode client-partenaire est aussi un bon moyen de tester son modèle d’affaires, de le raffiner et également de minimiser l’impact des premières erreurs de jeunesse inhérentes à tout démarrage d’entreprise. L’entrepreneur est alors mieux armé pour présenter un projet solide à des investisseurs devenus (temporairement ?) plus frileux.

Commentaires

  1. Ça dépend ce qu’on veut lancer. Quand on parle de startup, on fait allusion souvent aux nouvelles technologies. C’est très difficile d’expliquer notre vision dans ce domaine à de non-initiés. Les investisseurs sont rarement au parfum dans ce domaine. On doit leur expliquer d’abord le contexte du besoin et ensuite notre idée. C’est un effort colossal. Le plan d’affaires traditionnel est souvent impossible à faire.

    Alors, on veut lancer de quoi rapidement pour faire un roadtest de notre modèle. Une fois que l’entreprise est lancée en quelque sorte, les investisseurs semblent mieux comprendre le but de l’entreprise. Ils ont de quoi de concret à se mettre sous la dent. Mais, une question demeure : comment finance-t-on le premier jet de l’entreprise?

    • Nicolas a raison. J’ajouterais ceci. Il y aurait beaucoup à dire sur le plan d’affaires. Certains diront qu’il est trop long. D’autres diront qu’il est inutile.

      Ce qu’il faut comprendre c’est que le plan d’affaires est un outil pour l’entrepreneur lui-même, en premier lieu. Il est difficile de tirer une règle immuable pour tous. C’est là que les critiques du plan d’affaires font fausse route. Chacun a son propre projet, son propre profil, ses expériences, sa formation, etc… L’utilité du plan d’affaires, dans la forme qu’on lui connaît, devient donc du cas par cas.

      Pour la plupart des nouveaux entrepreneurs, le plan d’affaires deviendra un outil de réflexion qui permettra de se préparer adéquatement au monde des affaires. Il permettra d’établir les stratégies appropriées. Il éclairera son rédacteur sur l’aspect financier de son projet.

      N’oublions pas que ce document devrait continuellement évolué. Il arrive même qu’en cours de rédaction, le projet évolue en fonction de certaines caractéristiques du marché!

      Il est certains qu’un entrepreneur qui est capable de rédiger un plan d’affaires sérieux et qui a déjà quelques contrats en mains, et bien ce nouvel entrepreneur vient transposer dans la réalité ce qu’il prétend dans son document. Cet entrepreneur possède un avantage indéniable pour convaincre de potentiels investisseurs.

      • D’accord avec le point concernant le plan d’affaires comme outil de réflexion. La rédaction du document, en respectant l’essentiel de ce qu’il doit contenir, permet en effet à l’entrepreneur de clarifier son modèle d’affaires et de définir une stratégie appropriée. Et quand les choses sont claires, elles s’énoncent plus facilement ce qui devient un réel atout pour convaincre des investisseurs potentiels.
        Je mentionnerai juste que le vrai danger réside dans le fait de passer trop de temps à rédiger un plan d’affaires plus qu’à agir pour faire avancer l’entreprise. Il y a là un juste équilibre à trouver…

    • Bonjour Nicolas. Effectivement, la question du financement de démarrage, y compris pour une phase de roadtest reste cruciale et pas toujours facile à réaliser (surtout dans le contexte actuel). Par contre, il est toujours possible d’aller chercher quelques aides gouvernementales, qui complétées par une mise de fonds d’un client/partenaire sur un projet pilote, peuvent permettre de faire les premiers pas…

  2. Je vis présentement cette situation. Au commencement de ma Startup, je ne voulais pas de plan d’affaire car j’avais des objectifs simple et un associé programmeur qui nous as finalement lâché par manque de compétence… Règle numéro 1 : S’entourer de personnes compétentes. Avec le temps, le projet à évolué, notre niche c’est précisé et le besoin de trouver du financement rapidement s’est fait sentir. Il y a deux méthodes de pensé dans le lancement d’une Startup. La plus longue consiste à faire programmer un prototype qui aidera à lever beaucoup de fonds auprès d’investisseur ou d’anges financier pour faire un super lancement bien structuré. La deuxième consistes à construire la Startup avec nos propres moyens en s’autofinançant et avec un peu de LoveMoney. Le succès du lancement et de la réussite du projet résidera dans la motivation des entrepreneurs à le faire connaître par le biais des médias sociaux et des blogs. La deuxième méthode procure un délai très court du début du projet jusqu’au lancement de celui-ci. Dans notre cas, l’autofinancement ce fait en contractant un prêt dans une banque. Qu’elle méthode préconisez-vous ? En connaissez-vous d’autres ?

  3. Pour répondre à la question du billet, je crois que le plan d’affaire doit être fait durant l’élaboration de la startup. Il permet de bien saisir l’ampleur de la tâche, de définir le marché cible, d’analyser les modèles de revenues qui seront utilisé. Chaque Startup devrait avoir un excellent sommaire exécutif qui résume les idées et les besoins comblés. Cependant, il ne faut pas que le plan d’affaire et la recherche de financement viennent ralentir la réalisation de la startup.

  4. 100% d’accord que la rédaction d’un plan est un outil pour l’entrepreneur. Rien de mieux que de mettre quelque chose sur papier pour s’obliger à clarifier ses pensées. Aussi d’accord pour l’idée de tester un produit avant d’en faire une balloune avec plein d’argent et d’attentes, mais sans preuve tangible de la validité du modèle.

    Pour répondre à la question, il n’y a même pas à mon avis de ‘avant’ et ‘après’ lancement. Au fond, je serais embêté de décider qu’est-ce qui devrait être considéré comme un lancement. Le plan d’affaires se fait dans la période où l’entrepreneur doit structurer sa vision et ses intuitions afin de se concentrer sur ce qui compte vraiment.

    J’ai participé à plusieurs projets d’entreprises dont un qui fonctionne très bien et qui n’a jamais eu de plan d’affaires, un qui a stagné et qui aurait pu éviter cet état avec plus de planification, un autre où le plan était nécessaire pour aller chercher du financement de programmes gouvernementaux (voir http://www.lablogatoire.com/2009/05/26/financer-un-spin-off-universitaire/). Bref, encore une fois, pas de recette miracle!

    • Bonjour Samuel. J’ai lu ton billet. C’est un témoignage concret et pratique à lire par tous ceux qui se lancent en affaires et qui cherchent un pré-financement en s’appuyant sur des aides gouvernementales. Ce n’est effectivement pas si complexe que çà mais cela demande un certaine rigueur pour rédiger les dossiers. Et dans un contexte de financement difficile, ces programmes sont là pour aider à l’amorçage et peuvent avoir un effet de levier pour lancer la première phase de Roadtest évoquée dans les commentaires précédents.

  5. En fait la question ne s’applique pas que pour les start-up. En effet, le lancement de Google Wave illustre, mais je peux bien entendu me tromper, un changement de cap dans la manière de percevoir un BP. En effet de l’avis des principaux intéressés de la firme de Mountain Wiev, il n’y a pas eu de modèles d’affaire pensé et structuré pour le développement de cette plateforme innovante. J’invite ici à lire l’excellent article de Francis Pisani à ce sujet : http://pisani.blog.lemonde.fr/2009/05/29/google-wave-revolution-dans-la-communication/ . Ainsi dans Techcrunch, toujours à propos de Google Wave, MG Siegler écrit : “So, if you’ve read this far, you’re probably thinking that Wave either sounds great or you’re confused as to what it exactly is. It really is one of those products that you have to see in action to understand.” La dernière phrase est éclairante, pour comprendre une application web côté utilisateur il faut l’essayer ! Ce sont d’ailleurs ces mêmes utilisateurs qui vont faire le succès d’une application et permettre au BP d’évoluer.
    Sur ce, une pensée pour Gaël Monfils ^^

    • Nicolas, juste un petit bémol sur de très grosses entreprises comme Google (qui est à elle seule un cas d’exception) : au vu de l’énorme clientèle captive qu’ils touchent et de leur disponibilités financières exceptionnelles, ils peuvent se permettre quelques approches de type essai/erreur sans trop de conséquence pour eux en cas d’échec o ude demi-succès. On est peut être dans un modèle un peu différent de celui des start-ups…

  6. On est bien dans un paradigme différent si l’on raisonne en termes de tailles et de puissances financières. Cela étant le principe d’essai/erreur est au coeur des start-ups, dans ce sens l’approche de Google (ex start-up) ne parait pas si éloignée d’une jeune pousse locale.
    Sinon ce n’est pas demain qu’on verra un français gagner Roland-Garros !

  7. Mon avis va dans le sens de celui de Guillaume et Nicolas: faire son plan d’affaires pendant le lancement. Je reformulerais même: se lancer pendant qu’on finalise son plan d’affaires. La nuance est qu’en fonction de certains facteurs (besoin de financement, connaissances en gestion, service offert, etc.) on n’a pas le choix de franchir une certaine étape de la planification avant de démarrer. Une fois qu’on s’est lancé, il est essentiel de tester et les résultats des tests vont générer des ajustements au niveau de la planification.

    Même si les besoins en financement sont minimes et on ne pense pas voir un banquier, un plan d’affaires sert à structurer ses idées, à définir son offre, analyser la chaîne d’affaires, etc. Une fois complété, cet exercice va faciliter le reste.

  8. Moi je pense que pour les grosses affaires, il faut nécessairement un plan d’affaires. Par contre pour les PME/PMI, si vos idées sont claires et que vous apercevez l’importance du marché dans lequel vous voulez faire une percée, vous pouvez vous lancer sans vous soucier du BP. C’est en fait au moment où votre affaire devient importante et que vous avez besoin de finances additionnelles pour satisfaire votre clientèle en faisant appel à des banques, à des institutions financières ou au gouvernement, qu’il faut dans ce cas préparer un BP qui peut, ensemble avec ce que vous avez déjà réalisé, convaincre les investisseurs ou bailleurs.
    Dr Kamara

  9. Bonjour,
    Votre point de vue est important et se rapproche de la plupart des commentaires précédents en mettant l’accent sur l’importance d’avoir avant tout une vision claire de son entreprise, de son offre et des bénéfices qu’elle procurera aux clients visés.

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