Regards croisés France-Québec (2)

cooperation-france-quebec1A l’aube de ma dixième année de vie au Québec, chaque retour estival sur le continent européen m’invite un peu plus à percevoir la culture et particulièrement la culture française avec un regard extérieur presque nouveau. L’occasion pour moi de faire une analyse croisée avec ce que je vis au quotidien au Canada.

Regards croisés est une série de billets sur plusieurs semaines pour livrer mes observations personnelles sur des aspects typiques qui différencient les cultures sociales et d’affaires européennes et nord-américaines.

Prendre un rendez-vous professionnel : le parcours du combattant

Tous les commerciaux de France et de Navarre vous le confirmeront, prendre un rendez-vous avec le ou les décideur(s) sur une affaire est un savoir faire particulier à développer.

De barrages de secrétaires en escalade hiérarchique, il faut développer un certain talent et les meilleurs vendeurs sont maitres dans l’art de contourner tous ces pièges. En effet, les assistantes ou secrétaires françaises sont rompues à l’art de vous questionner sur l’objet de votre appel et il faut une certaine dextérité pour savoir déjouer les traditionnels « C’est à quel sujet ? » «Il ne prend pas d’appel, je vous envoie sur Untel… » ou « Envoyez-nous de l’information, on vous rappellera… ». Et bien que le email permet aujourd’hui de s’affranchir du premier appel téléphonique, sachez qu’à un certain niveau de responsabilité (ou d’âge), ce sont encore les mêmes assistantes qui épluchent les courriels de leurs patrons !

En supposant maintenant que vous ayez réussi votre coup et que vous ayez au bout de la ligne celui que vous visiez, il est important de savoir que les agendas des dirigeants sont souvent remplis des semaines à l’avance et que vous devrez considérer qu’il est parfois courant, en France, de ne trouver de créneau de disponible avant le mois suivant ! Eh oui, quelle ne fut pas ma surprise lors de mes premières démarches commerciales au Canada de surprendre mes interlocuteurs en leur proposant un tel délai dans mes propositions de rendez-vous. Alors que je pensais les accommoder dans leurs agendas surchargés, je venais de leur envoyer le signe que ma demande n’avait rien de pressant et ne valait donc pas la peine d’être acceptée !

En résumé, deux cultures d’affaires et deux façons de faire mais qu’il est préférable de connaitre avant d’agir à défaut d’avoir quelques déboires…