La maxime du mois d’avril

Un séjour en France, comme un retour au source, est toujours l’occasion de retrouver un contexte d’affaires que je connais bien (et que j’apprécie) mais d’en observer et de relever ses travers qui nous valent si souvent de sévères critiques de la part des autres pays.

J’ai eu l’opportunité d’être invité lors de mon dernier voyage en France à une rencontre portant sur la mise en oeuvre d’une projet de regroupement régional autour d’une expertise particulière s’inscrivant dans une démarche de « pôle de compétitivité ».
Se trouvaient autour de la table des représentants d’institutions, d’une université, de centres de recherches, d’une agence de valorisation de la recherche, d’organismes gouvernementaux, d’une grande entreprise publique, d’une entreprise privée et une équipe de consultants chargée de piloter le projet et d’animer la rencontre.
Comme aucune convocation officielle n’avait été envoyée à tous les participants et qu’il n’existait pas d’ordre du jour, certains dans l’assemblée semblaient surpris de se trouver là, d’autres ne savaient pas pourquoi ils étaient présents et pour finir, les consultants eux-même s’attendaient à une rencontre en comité restreint et durent, avec difficulté, composer avec cette situation pour le moins bizarre.

La rencontre s’étala sur une durée de 3h30. Elle fut l’occasion d’entendre plusieurs débats relevant plus d’un travail prépartoire que de l’argumentation pour favoriser la prise de désicion. Le leadership de la rencontre n’étant pas clairement établi, aucun recentrage n’était réllement proposé et le politiquement correct semblait présent derrière chaque intervention à tel point que chaque prise de parole relevait en général plus de la sémantique que d’une approche opérationnelle et concrète. Et pour finir, à quelle conclusion tout ceci nous amena t-il ?
« On avance bien, merci à nos consultants, on continue le travail ».

Finalement, aucune prise de décision dans un contexte évidemment flou et face à des prises de position non convergentes, point de plan d’action, aucune programmation de rencontre et encore moins d’échéancier pour cadrer le projet et son avancement.

Cette rencontre éloquente sur le manque de leadership, l’absence de prise de décision (et par conséquence une gestion questionnable des fonds publics qui financent une partie de la démarche) m’a inspiré la maxime de ce mois d’avril, énoncée par Peter Drucker, l’homme qui a « inventé » le management :

« Chaque fois que vous voyez une entreprise qui réussit, dites-vous que c’est parce qu’un jour quelqu’un a pris une décision courageuse« .

Commentaires

  1. Denis a écrit :

    BRAVO !!
    en quelques lignes et par l’exemple, vous venez de résumer le problème de la France !! on pourrait rajouter qu’avec notre système de fonctionnement syndicale lorsque certain on le courage de prendre des décisions , il faut qu’ils soient montré du doigt car ils font différement.
    le rapport de force étant « faussé » on préfere ne rien faire que de continuer

    Merci

  2. J’ai simplement essayé d’être factuel mais il faut reconnaitre que la France souffre d’un syndrôme ancestral d’immobilisme tant au niveau politique qu’entrepreneurial.
    Et tout çà gâche malheureusement, à mon avis, un vrai potentiel créatif qui fait le bonheur des entreprises étrangères qui recrutent des professionnels ou des cadres français (qui y réussissent généralement très bien).
    Merci pour votre commentaire.

  3. Denis a écrit :

    Encore d’accord avec votre commentaire et votre vision; c’est d’ailleurs ce qui nous a motivé à entamer notre démarche d’immigration !!
    « rendez-vous » normalement en fin d’année

    Je suivrais votre site avec bcp d’intention car j’ai déjà trouvé des infos très judicieuses et utiles

  4. Christian a écrit :

    Bonjour Francis

    Je ne sais pas où tu étais, mais dans ta description, j’ai reconnu nombre de réunions auxquelles je « dois » régulièrement et qui me mettent dans le même état de dépit.

    Un ami de Laval

    • Bonjour Christian,
      La région, pour te la situer un peu, se trouve plus à l’Est qu’à l’Ouest de la France mais je crois que même la rose des vents n’y fera rien. Nous sommes incorrigibles aux 4 coins de l’hexagone.
      Il serait bien venu, en période de crise, d’insuffler un vent de changement qui serait salutaire à tous et avant tout à notre économie.
      On persiste à y croire mais il faudrait que la majorité silencieuse se mette à bouger un peu…
      Amicalement.

  5. Bonjour Francis,

    Ce commentaire est très opportun et resume bien le déroulement de differentes recontres qu’il m’a été donné d’asister en présence de nos amis Francais. C’est une culture et une approche de gestion tellement différente que nous nord-américain.

    Imaginez maintenant ce qu’est une rencontre regroupant Allemand, Francais et Nord Américain avec le mandat d’arriver à un conscensus sur un sujet donné …..

    Merci tu m’as rapellé de bons souvenirs !!!

    • Bonjour Guy,
      Je crois avoir rappelé des souvenirs à pas mal de monde avec ce « billet d’humeur »…
      Concernant votre remarque sur le contexte multi-culturel, je comprends vote point car j’ai eu moi-même à dealer plusieurs fois dans un tel environnemnt de travail et je le fais encore chaque jour ici au Québec où il faut arriver à trouver le juste équilibre entre la culture d’affaire française et québécoise (qui sont bien différentes).
      Mais c’est aussi un bel exercice et cela apprend également à se remettre en permanence en question pour mieux comprendre d’autres cultures et trouver les façons élégantes de s’y adapter tout en restant soi-même.
      Au plaisir de vous lire à nouveau.

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