Le réseautage au Québec : retour d’expérience d’un Français

Le réseautage est souvent perçu par les immigrants français comme un outil à maîtriser pour réussir à s’intégrer. Mais est-ce vraiment une activité nécessitant des compétences spécifiques ? Ma première expérience de réseautage, lors d’un 5 à 7 organisé par la Chambre de Commerce Française à Québec, m’a aidé à faire la part des choses entre projection et réalité.

En France, réseautage va de pair avec sélection. À moins de faire partie de l’amicale des anciens d’une grande école, d’avoir pour professeurs ses futurs employeurs, ou de se passionner pour la chasse à courre, il reste difficile d’intégrer un cercle professionnel. Au Québec, en revanche, le réseautage va de soi : on le pratique non seulement dans des cadres dédiés comme les 5 à 7, mais en tout temps et tout lieux, au hasard des rencontres.

Cette facilité à se présenter professionnellement peut d’ailleurs vite tourner à l’obsession chez les Français fraîchement débarqués. Une compatriote avec qui je sympathisais me disait ainsi, alors que nous échangions nos coordonnées, «Qui sait, c’est peut-être le début d’un réseau!». D’autres se précipitent sur l’intervenant à la fin d’une conférence afin de lui glisser un CV en même temps qu’une question.

Cette tendance à transformer les rencontres humaines en speed dating professionnel vient, me semble-t-il, d’une mécompréhension de la nature du réseautage. Il ne s’agit pas tant d’un moyen pour trouver un emploi que d’un cadre d’échange pour des individus ayant des intérêts et passions en commun. Réseauter, c’est avant tout trouver les bons partenaires pour mûrir et mener à bien son projet professionnel.

En ce sens, la séance « Bières et chocolats » organisée par la CCFCQ le 11 mars dernier était propice à des échanges constructifs. Une quarantaine de personnes étaient présentes, partageant un intérêt commun pour les relations d’affaires franco-québécoises. Le cadre et le thème donnaient également à l’ensemble un ton de causerie favorisant la rencontre des envies et des besoins.

C’est sans aucun doute d’une telle proximité que naissent les projets novateurs. À l’heure de la globalisation, il semble donc que les échanges franco-québécois aient un rôle majeur à jouer, notamment comme modèle.