Le Québec élargit sa stratégie pour la mobilité des personnes à l’Europe

Le Québec élargit sa stratégie pour la mobilité des personnes à l’Europe

Entreprendre au Québec

Place de Paris et Chateau Frontenac – Quartier du Vieux-Québec

L’Europe est le deuxième partenaire économique du Québec. Avec l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (UE), l’Entente entre le Québec et la France en matière de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, l’Europe et le Québec se sont déjà donné des outils pour faciliter leur coopération.

La stratégie du gouvernement du Québec à l’égard de l’Europe, lancée l’année dernière, propose 25 actions pour augmenter les flux d’échanges avec l’Europe et notamment des mesures pour favoriser la mobilité des personnes.

Dans les 10 prochaines années, le marché du travail québécois aura en effet besoin d’environ 1,5 million de personnes pour répondre à la croissance de l’emploi et pour remplacer les départs massifs à la retraite qui commencent à pénaliser durement l’économie de la province. Pour répondre à ces besoins, le Québec devra développer différentes stratégies et sera notamment obligé de compter sur l’immigration comme une alternative sérieuse. Le Québec fait déjà face à une pénurie de main-d’oeuvre importante dans certains secteurs d’activité et des entreprises se tournent déjà vers les activités de recrutement à l’étranger pour combler leurs besoins à court terme. Elle font alors appel à l’immigration temporaire.

Le Québec doit à présent parvenir à situer son action dans ce nouveau contexte de mobilité grandissante et se doter de moyens modernes pour se rendre attractif auprès des étudiants et des travailleurs qualifiés qui voudraient s’établir au Québec. Il doit aussi se préoccuper de faciliter leur intégration sociale et professionnelle qui sont les premiers facteurs de succès et de rétention. L’Entente entre le Québec et la France sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles ainsi que celle relative à la mobilité professionnelle et à l’intégration des migrants. La mise en oeuvre de ces ententes favorise la création d’un vaste espace de mobilité avec la France, et le Québec espère qu’il s’étendra bientôt à toute l’union Européenne. Enfin, les ententes de sécurité sociale avec de nombreux pays, la promotion de l’offre éducative québécoise en Europe, les stages pour les jeunes contribuent également à favoriser la mobilité des personnes entre le Québec et l’Europe.

Dans son plan d’action stratégique triennal 2012-2015,  sept mesures sont mis en oeuvre concernant la mobilité des personnes :

1.Mettre en application les arrangements de reconnaissance mutuelle découlant de l’Entente entre le Québec et la France en matière de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles ainsi que l’Entente  relative à la mobilité professionnelle et à l’intégration des migrants pour :

  • promouvoir, auprès des travailleurs français, les avantages à venir s’installer et travailler au Québec;
  • faciliter l’obtention des aptitudes légales à exercer une profession, une fonction ou un métier réglementé, et l’accès aux mesures compensatoires prescrites par les ordres professionnels, telles que la formation d’appoint et les stages;
  • faciliter les démarches pour l’obtention ou le maintien des autorisations d’entrée, de séjour et de travail;
  • donner accès aux services d’intégration socioprofessionnelle;
  • soutenir les entreprises pour le recrutement de main-d’œuvre ou la mobilité de leur personnel sur le territoire de l’autre Partie;
  • échanger l’information, partager les bonnes pratiques et mettre en œuvre des actions concrètes de coopération entre les deux gouvernements.

2. Faciliter la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles et la mobilité de la main-d’œuvre entre le Québec et d’autres pays d’Europe.

3. Favoriser la mobilité professionnelle et la coopération en matière d’intégration des migrants entre le Québec et la Catalogne.

4. Appuyer les entreprises et organismes publics québécois dans leurs activités de prospection de nouveaux bassins potentiels de main-d’œuvre qualifiée et de recrutement ailleurs en Europe.

5. Conclure ou renouveler des ententes de sécurité sociale avec des pays d’Europe.

6. Poursuivre et accroître les échanges de jeunes adultes entre le Québec et l’Europe et leur intégration sur le marché du travail:
• soutenir les échanges de jeunes entre le Québec, la France et la Wallonie-Bruxelles;
• conclure des ententes de partenariat entre l’OQMJ et d’autres régions européennes;
• favoriser la formation et la diffusion des créations des jeunes artistes québécois sur le territoire européen.

7. Promouvoir davantage l’offre éducative québécoise en Europe afin d’attirer un plus grand nombre d’étudiants européens au Québec.

Cette politique est essentielle tant la problématique de pénurie de main d’oeuvre commence à frapper les entreprises québécoises de tous les secteurs d’activité. La réponse est multiple cependant l’immigration, temporaire ou définitive, reste  une des alternatives les plus crédibles en raison de la forte demande à laquelle fait face le Québec. Le lancement de notre portail Destination Québec, destiné aux personnes qui souhaitent étudier, travailler, ou entreprendre au Québec, rentre totalement dans cette stratégie en offrant un parcours d’intégration qui vise à maximiser les chances de succès des nouveaux arrivants.

Source : Site du Ministère des Relations Internationales

 

  • http://ph.cousin35@yahoo.fr COUSIN Philippe

    Bonjour,
    Diplômé Premier Clerc de Notaire (Bac + 2 + formation continue) j’ai exercé six années chez deux Notaires et notamment comme Clerc de Notaire Habilité à Recevoir certains actes et les signatures.
    Suite à un accident du travail, la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) m’a attribuée la Reconnaissance Travailleur Handicapé, ayant un taux d’invalidité de 68%.
    Actuellement, je suis Usager d’un Service d’Aide au Travail créé par l’association L’ADAPH depuis 2008.
    Touchant une rente mensuelle Accident du Travail de 1050€ / mois de la Sécurité Sociale en France, puis-je être accepté au Canada en étant une charge sociale ?
    Vous en souhaitant bonne réception,
    Salutations distinguées
    Philippe COUSIN
    06 51 33 66 53
    2 Pl. Simone de Beauvoir
    35000 Rennes
    ph.cousin35@yahoo.fr

    • Francis Belime

      Bonjour,
      Votre cas est assez spécifique et nous ne pouvons pas vous donner de réponse. Le mieux serait de vous adresser directement au Ministère de l’immigration du Québec qui est habilité à vous renseigner.
      Voici le site où vous trouverez les moyens de les contacter : http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/fr/coordonnees/index.html

      En attendant d’avoir une réponse, vous pouvez obtenir plus d’informations sur le Québec en allant sur le portail Destination Québec : http://destinationquebec.akova.ca/

      Amicalement.

  • Isabelle Reimers, PhD

    Belles intentions ! Pour y parvenir, il va falloir aussi incliner la mentalité des Québécois et leur mode de recrutement.
    En tant que Coach, il m’arrive d’accompagner des nouveaux arrivants européens dans leur recherche d’emploi au Québec et en tant qu’économiste, j’analyse le marché du travail et ses pratiques. Mon constat rejoint celui de l’IRIS (son rapport est consultable sur http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/11/Note-immigration-web.pdf) : il existe au Québec une discrimination systémique reposant sur le mode de recrutement informel et la non reconnaissance des diplômes étrangers et de l’expérience de travail faite en dehors du Québec. Ce mode de recrutement informel apparaît particulièrement critique car les employeurs recrutent presque exclusivement parmi leurs connaissances ou les connaissances de leurs connaissances et ce système exclut automatiquement toute personne qui n’a pas un solide réseau de connaissances local. Ce système permet aux employeurs de se simplifier la tache de recrutement qui demanderait sinon beaucoup de temps et d’investissement mais ne se privent-ils pas, à terme, de sang neuf qui pourrait soutenir leur entreprise et l’économie québécoise ?
    Ce type de recrutement en réseau fermé est-il vraiment compatible avec la volonté de mobilité des personnes ?

    Isabelle Reimers, PhD

    • Francis Belime

      Bonjour,
      Oui nous partageons en partie votre analyse de la situation que nous vivons également au quotidien. Il doit y avoir un changement culturel dans les entreprises québécoises vis à vis de la fonction recrutement et plus largement ressources humaines afin de permettre une meilleure intégration des personnes issues de l’immigration. Elles doivent aussi mesurer le caractère stratégique de l’expertise en ressources humaines. Ceci prendra encore du temps mais les lignes commencent à bouger et la pénurie croissante de main d’oeuvre va certainement obliger les entreprises à se préoccuper de leurs stratégies de recrutement si elles veulent faire face efficacement. C’est aussi la raison pour laquelle nous avons mis en place une offre d’accompagnement des entreprises en ressources humaines et entre autres, sur le volet spécifique de l’intégration de main d’oeuvre étrangère.
      Merci pour votre commentaire et au plaisir de vous lire à nouveau…

      • Isabelle Reimers, PhD

        Je suis ravie d’apprendre que les lignes commencent à bouger car ce n’est vraiment pas ce que vivent les immigrants européens que j’accompagne.
        Faites-vous aussi quelque chose à destination des ordres professionnels québécois qui, par leur démarche de réglementation extrême, limitent considérablement l’entrée de nouveaux joueurs européens pourtant diplômés et compétents ?

        Isabelle Reimers, PhD

        • Francis Belime

          Bonjour Isabelle,
          Au niveau des Ordres professionnels (là où beaucoup de contraintes subsistent effectivement), il est difficile d’agir efficacement car ils sont nombreux, autonomes…et puissants. Par contre, on peut espérer que les ententes de reconnaissances mutuelles pour certaines professions en cours de mise en application entre la France et le Québec (qui se heurtent aux mêmes problèmes mais qui sont menées avec la volonté des gouvernements et donc un potentiel de négociation plus important) ouvriront la voie et auront un impact sur l’assouplissement des règles de reconnaissance des acquis et des diplômes. Et par ailleurs, la situation inquiétante de pénurie de main d’oeuvre qualifiée qui frappe le Québec va inévitablement provoquer une ouverture plus grande. Cela devient urgent pour répondre au besoin des entreprises qui embauchent et nécessaire pour favoriser l’intégration professionnelle des immigrants.
          Il faut poursuivre les efforts et chaque action compte…
          Cordialement.

          • Isabelle Reimers, PhD

            Merci Francis pour votre réponse.
            Pour rebondir sur cette idée du besoin urgent d’intégrer professionnellement les immigrants pour faire face à la pénurie de main d’œuvre, je voudrais rajouter que le souci semble être similaire pour les Québécois ayant étudié ou travaillé à l’étranger. S’ils reviennent au Québec et n’ont plus un réseau social et professionnel suffisant, ils se retrouvent en difficulté, comme les immigrants, pour trouver un emploi à la hauteur de leurs qualifications. On en revient donc à l’urgence de changer les habitudes, pour ne pas dire les mentalités, des entrepreneurs afin d’arriver à un recrutement formel, ouvert même, par exemple, aux candidatures spontanées. Votre accompagnement des entreprises en ressources humaines est un bon pas mais combien d’entreprises peuvent ou veulent vraiment s’offrir les services d’une entreprise en ressources humaines ?
            Comment convaincre les entrepreneurs qu’au delà du problème de la pénurie de main d’œuvre latente, l’apport de personnes porteuses d’autres façons de faire et de penser, peut apporter un avantage concurrentiel pour leur entreprise ?

            Isabelle Reimers, PhD