Pourquoi les jeunes entreprises canadiennes sont peu présentes sur le marché international ?

Pourquoi les jeunes entreprises canadiennes sont peu présentes sur le marché international ?

exporter canada FCJEDans le cadre d’un sondage national réalisé auprès de jeunes entrepreneurs canadiens, un rapport réalisé par la Fondation Canadienne des Jeunes Entrepreneurs (FCJE) fait état de situation sur l’entrepreneurship sur un plan national. Une situation mitigée lorsqu’on regarde leur ouverture à l’exportation. J’étais invité à rendre compte du volet « Marchés et croissance » de ce sondag en introduction de la table ronde « Action Entrepreneurship. Faire frandir la jeune entreprise » qui se tenait à l’Université Laval à Québec. Lancé dans l’ensemble des grandes villes canadiennes, cet événement a pur objectif principal de collecter des idées afin bâtir un plan d’action pour favoriser leur essor.

Pour commencer, laissons parler les chiffres :

-       18% seulement des jeunes entreprises vendent dans une autre province

-       10 % d’entre elles travaillent à l’international

Et, 41% de celles qui travaillent avec d’autres provinces se tournent ensuite vers les marchés à l’exportation contre 3,5% pour celles qui ne font des affaires qu’à l’échelle de leur province!

Les principales raisons évoquées par les entrepreneurs

Il existe un certain nombre de raisons pour expliquer cette situation et parmi les principales citées par les jeunes entrepreneurs, ont retrouve :

Des barrières et défis externes à l’entreprise

    • La perception de la concurrence des pays émergents
    • Le manque de partenaires qualifiés sur les marchés extérieurs
    • Le manque de soutien des organismes canadiens et des entreprises canadiennes présentes dans les marchés internationaux
    • Les obstacles réglementaires
    • La protection de la propriété intellectuelle et la méconnaissance des pratiques d’affaires

Des barrières propres à l’entreprise

    • La peur de l’inconnu
    • Le manque d’expertise et de connaissance des nouveaux marchés
    • La difficulté à trouver des partenaires commerciaux : agents, distributeurs,…
    • La difficulté à identifier les opportunités d’affaires

Les principaux défis à relever pour leurs entreprises ?

Si la liste est assez longues, j’ai relevé quelques points qui me paraissent symptomatiques de la situation des jeunes entrepreneurs lorsqu’ils énoncent leurs défis face à la croissance et aux marchés extérieurs

  • Les obstacles réglementaires
    • Perception que le commerce international est plus complexe que le commerce local
    • Le défi de trouver le « premier client » (comme sur son marché domestique) et la persévérance face aux embûches liées à des pratiques d’affaires inconnue
    • Dès lors que l’on change de province, on peut être confrontés à des réglementations différentes
    • Les réglementations sont plus complexe à l’exportation avec des barrières tarifaires et des aspects logistiques plus contraignants
  • Le manque de soutien des ambassades et des entreprises canadiennes
    • Les mises en garde des conseillers en place ont tendance à rendre les entreprises trop prudentes
    • Les services extérieurs canadiens ne sont pas suffisamment axés « entreprises »
    • Les entreprises canadiennes installées à l’étranger ne sont pas réputées habiles pour établir des réseaux locaux qui favoriseraient la percée de jeunes entreprises

Quelles sont les premières pistes de solutions identifiées ?

    • Surmonter la peur de l’inconnu notamment en bénéficiant de formation dédiée au commerce international
      • Favoriser l’exposition au commerce international et au mentorat par exemple en tirant profit des réseaux internationaux d’organismes comme la FCJE
    • Améliorer le soutien des entreprises canadiennes dans les marchés cibles
      • Exposer les jeunes entrepreneurs à de nouveaux marchés par un accompagnement en local ou mieux en les utilisant comme sous-traitants. Une approche qui pourrait se faire sous forme d’échange Accès au Marché /Apport en innovation
      • Intégrer les jeunes entreprises dans leurs processus de passation des marchés pour leur servir de tremplin (avoir un client référence est nécessaire pour trouver des clients à l’exportation)
    • Augmenter l’appui des Ambassades canadiennes
      • Mieux coordonner les efforts de soutien à la croissance entre toutes les intervenants (à titre d’exemple le Réseau des centres d’excellence en Ontario travaille à augmenter la capacité d’innovation des entrepreneurs pour assurer leur capacité concurrentielle à l’échelle mondiale)
      • Mettre au point dans les associations industrielles des programmes de soutien spécifiques à la croissance pour les entrepreneurs
      • Développer une stratégie de « Diplomatie économique » afin de mieux supporter les entreprises dans leurs efforts sur les marchés à l’export
      • Donner un meilleur accès à l’information (au travers des programmes provinciaux et nationaux visant à soutenir l’entrepreneuriat) et des organismes de soutien aux entrepreneurs.

Les tables rondes organisées à Québec sur le Campus de l’Université Laval, un des berceaux de l’Entrepreneurship de la région, ont été actives. Plein de nouvelles idées et la démonstration faites par les 60 jeunes entrepreneurs réunis que l’international les motive et que l’exportation fait partie de leur plan de croissance !

Pour consulter les résumés des discussions, consulter le site Action Entrepreneurship.

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